Nous présentons le cas d’un homme de 57 ans qui, après une chute en scooter, a subi une luxation acromio-claviculaire de l’épaule droite jusqu’alors saine.
Après avoir évalué la condition de base du patient, très actif d’un point de vue sportif, ainsi que le degré de lésion de type III, une intervention chirurgicale est indiquée pour restaurer l’anatomie d’origine et ainsi récupérer une fonction complète. Ce type de lésion suscite encore des controverses dans la communauté scientifique quant à sa prise en charge, mais notre philosophie est de réaliser un traitement personnalisé en tenant compte des besoins du patient et du substrat biologique, de sorte qu’à 57 ans, il est parfaitement justifié d’intervenir dans le but d’obtenir les meilleurs résultats dans un court laps de temps.
Il a été opéré pour réparer les ligaments acromio-claviculaires déchirés, qui sont les ligaments qui maintiennent la ceinture de l’épaule en place. On croit souvent à tort que, dans ce type de blessure typique des cyclistes lors d’une chute latérale, la clavicule est disloquée et se déplace vers le haut, alors qu’en fait, l’os reste en place et c’est toute l’épaule qui se déplace vers le bas.
Il existe une multitude de techniques pour aborder ce problème, la plus importante étant de fournir une réparation suffisamment solide pour laisser aux ligaments le temps de guérir. Dans ce cas, nous avons effectué une approche dans le sillon deltopectoral pour exposer de manière adéquate la coracoïde, qui est la partie de l’omoplate où ces ligaments sont insérés. Une technique de tunnel unique a été réalisée de la clavicule à la coracoïde, en s’appuyant sur le guide de tunnel pour la ligamentoplastie cruciforme, ainsi que sur le contrôle arthroscopique du point de sortie dans la partie caudale de la coracoïde. Ce point est très important car le tunnel doit être parfait en raison du peu d’espace disponible, sinon il ne serait pas possible de réparer les ligaments.
L’articulation est réduite et maintenue à l’aide de broches de K afin de maintenir la construction stable pour le creusement du tunnel. Le système est ensuite transmis : il comprend des petits boutons qui servent de freins aux deux os, reliés par des sangles très résistantes qui permettent de contrôler la hauteur et la position de la réduction. De plus, une bande de renfort est ajoutée à l’extérieur pour donner une plus grande stabilité à l’ensemble et protéger la réparation. La plaie est refermée en plan et le patient est hospitalisé une nuit pour une surveillance postopératoire.
Cette image montre le guide du ligament croisé placé pour réaliser le tunnel unique qui va de la partie crâniale de la clavicule à la partie la plus caudale de la coracoïde avec les forets spécifiques. Deux broches de Kirschner ont été placées au préalable pour assurer la stabilité de l’ensemble avant de réaliser le tunnel, en contrôlant la réduction à l’aide de la scopie.
Sur cette image, à la fin de l’intervention, on peut voir le bouton au-dessus de la clavicule avec les rubans passés et noués avec la tension appropriée avant de couper les cordes.
Radiographie peropératoire à la fin de l’intervention montrant une réduction correcte de l’articulation acromio-claviculaire avec les deux boutons reposant bien sur l’os dans la bonne position ainsi que les deux broches de K supplémentaires.
La période postopératoire immédiate s’est déroulée sans incident. Les broches en K ont été retirées en consultation au bout de 6 semaines et la mobilisation sans restriction était pratiquement terminée. Elle n’avait besoin que d’exercices à domicile, sans avoir recours à la physiothérapie dans un centre. Dans les 48 heures, elle a repris le travail dans son bureau.
Au bout de trois mois, il a commencé à jouer au golf et au piano. Depuis, il a repris toutes ses activités sportives et dispose d’une amplitude de mouvement totale, sans douleur ni limitation d’aucune sorte.
es
en
fr
it
ru
zh-hans